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9 février, 2015

Y a-t-il 70 vierges qui attendent les terroristes au « paradis d’Allah »?

Classé dans : — islamvouscache @ 19:17

Y a-t-il 70 vierges qui attendent les terroristes au « paradis d’Allah »?

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Complément d’information du 14 janvier 2015: JE SUIS le chemin de CHARLIE…. ou…?

 

NDLR: Article traduit du quotidien britannique « The Guardian » par Courrier international, 28 février 2002. Pour rappel utile !

Le septième ciel promis par Ben Laden à ses terroristes suicidaires n’est pas forcément aussi sexy qu’il y paraît. Il y a plusieurs lectures possibles des passages du Coran qui évoquent le paradis. L’écrivain indo-pakistanais Ibn Warraq fait un tour érudit et surprenant de la questionÉ

En août 2001, la chaîne de télévision américaine CBS diffusait un entretien avec le militant du Hamas Muhammad Abu Wardeh, qui avait recruté des terroristes pour des attentats suicides en Israël. Abu Wardeh était cité en ces termes : « Je lui ai expliqué comment Dieu dédommage le martyr qui sacrifie sa vie pour sa terre. Si vous devenez un martyr, Dieu vous accorde 70 vierges, 70 épouses et le bonheur éternel. » En réalité, il réduisait la récompense, car, pour les martyrs, il y a 72 vierges au paradis. Mais je m’avance…

Depuis le 11 septembre, les médias ne cessent de répéter l’histoire des kamikazes et de leurs célestes récompenses, tandis que les lettrés musulmans et les occidentaux qui font l’apologie de l’islam ne cessent de répéter que le suicide est interdit par cette religion. Le suicide (qatlu nafsi-hi) n’est pas mentionné dans le Coran, mais il est en effet interdit par les hadiths, qui sont des recueils des actes et des paroles attribués au prophète Mahomet par une série de témoins supposés dignes de confiance. Les hadiths relatent également ce qui était fait en présence du Prophète et qu’il n’a pas interdit, ainsi que les actes et les paroles de ses compagnons faisant autorité.

Le porte-parole du Hamas Muhammad Abu Wardeh utilise avec justesse le mot martyr (shahid) et non celui de kamikaze, car ceux qui se font sauter presque tous les jours en Israël ou qui sont morts le 11 septembre servent la plus noble des causes, le djihad, un devoir religieux prescrit par le Coran et les hadiths, comme une institution divine établie pour la grandeur et le progrès de l’islam. Si le suicide est interdit, le martyre est constamment glorifié, apprécié et exalté. « Par l’Etre entre les mains de qui repose ma vie, je veux mourir comme Allah le souhaite ; je serai ensuite ramené à la vie et tué de nouveau à SA façonÉ » Le Prophète a dit : « Quiconque entre au Paradis ne voudra pour rien au monde revenir ici-bas, sauf le martyr qui désirera revenir en ce monde et être tué dix fois pour le grand honneur qui lui a été accordé » (in Sahih de Muslim, chapitres 781 et 782, sur les mérites du djihad et les mérites du martyre).

Qu’en est-il alors des récompenses au paradis ? Le paradis islamique est décrit en détail avec une grande sensualité dans le Coran et les hadiths, par exemple dans les versets 54 à 56 de la sourate 55, les versets 12 à 40 de la sourate 56 et les versets 12 à 22 de la sourate 76. Citons les versets 12 à 39 de la sourate 56 : « Ils habiteront le jardin des délices, (Il y aura un grand nombre de ceux-ci parmi les peuples anciens,/ Et un petit nombre seulement parmi les modernes),/ Se reposant sur des sièges ornés d’or et de pierreries,/ Accoudés à leur aise et se regardant face à face./ Ils seront servis par des enfants doués d’une jeunesse éternelle,/ Qui leur présenteront des gobelets, des aiguières et des coupes, remplis de vin exquis./ Sa vapeur ne leur montera pas à la tête et n’obscurcira pas leur raison./ Ils auront à souhait les fruits qu’ils désireront,/ Et la chair des oiseaux les plus rares./ Près d’eux seront les houris aux beaux yeux noirs, pareilles aux perles dans leur nacre./ Telle sera la récompense de leurs oeuvres. (É)/ Nous créâmes des vierges du paradis par une création à part ;/ Nous avons conservé leur virginité./ Chéries de leurs époux et d’un âge égal au leur,/ Elles seront destinées aux hommes de la droite./ Il y en aura un grand nombre parmi les anciens/Et un grand nombre parmi les modernes » [traduction de Kasimirski, GF Flammarion, 1970]. Il faut noter que la plupart des traductions, y compris celles effectuées par des musulmans, comme A Yusuf Ali et le Britannique Marmaduke Pickthall, traduisent le mot (pluriel) arabe abkarun par vierges, ainsi que certains célèbres lexiques comme celui de John Penrice. J’insiste sur ce point car de nombreux musulmans, pudiques et gênés, affirment qu’il y a eu une erreur de traduction et que les « vierges » devraient être remplacées par des « anges ». Dans les versets 72 à 74 de la sourate 55, le contexte ne laisse pas d’ambiguïté possible : « Des vierges aux grands yeux noirs renfermées dans des pavillons. Lequel des bienfaits de Dieu nierez-vous ? Jamais homme ni génie n’attenta à leur pudeur » [traduction de Kasimirski]. Le mot « hour » [houri] apparaît quatre fois dans le Coran et est généralement traduit par « jeunes filles aux yeux noirs ».

Signalons deux choses. Premièrement, il n’est fait aucune mention dans le Coran du nombre exact de vierges au paradis. Deuxièmement, les demoiselles aux yeux noirs sont à la disposition de tous les musulmans, et pas uniquement offertes aux martyrs. C’est dans les hadiths que l’on apprend qu’il y a 72 vierges au paradis : un hadith rapporté par Al Tirmidhi (mort en 892 EC*) dans le Sunan (volume IV, chapitres sur les caractéristiques du royaume des cieux telles qu’ils sont décrits par le messager d’Allah, le prophète Mahomet, chapitre XXI « de la plus petite récompense qui attend ceux qui entreront au royaume des cieux », hadith 2687). Cet hadith est également cité par Ibn Kathir (mort en 1373 EC) dans son tafsir (commentaire coranique) de la sourate Al Rahman (55) verset 72 : « La plus petite récompense qui attend ceux qui ont droit au royaume des cieux est une résidence où se trouvent 80 000 serviteurs et 72 épouses, sur lesquels s’élève un dôme décoré de perles, d’aigues-marines et de rubis, aussi vaste que s’il s’étendait d’Al Jabiyah (banlieue de Damas) à Sanaa** (Yémen). »

Les apologistes modernes de l’islam ont essayé de minimiser le matérialisme évident et les implications sexuelles de telles descriptions mais, comme le précise l’Encyclopaedia of Islam, même des théologiens musulmans orthodoxes comme Al Ghazali (mort en 1111 EC) et Al Ashari (mort en 935 EC) ont admis les plaisirs sensuels au paradis. Les plaisirs en question sont visuellement détaillés par l’érudit commentateur coranique Al Suyuti (mort en 1505 EC). Selon lui, « à chaque fois qu’un homme touche une houri, il la trouve vierge. Le pénis des élus ne faiblit jamais ; l’érection est éternelle. La sensation ressentie en faisant l’amour est à chaque fois absolument délicieuse et extraordinaire, et quiconque la ressentirait en ce monde s’évanouirait. Chaque élu (musulman) épousera 70 houris, en plus des femmes qu’il a épousées en ce monde, et elles auront toutes des vagins appétissants. »

L’une des raisons pour lesquelles Nietzsche détestait le christianisme était que cette religion fait de la sexualité quelque chose de vicieux, alors que l’islam, diraient beaucoup de gens, est favorable au sexe. Il est en effet difficile d’imaginer l’un des pères de l’Eglise écrivant avec extase sur le sexe au paradis comme Al Suyuti, à l’exception peut-être de saint Augustin avant sa conversion. Mais dire que l’islam est favorable au sexe, c’est insulter toutes les musulmanes, car la sexualité est envisagée exclusivement du point de vue masculin : celle des femmes est admise, mais crainte et réprimée, et considérée comme l’Ïuvre de Satan.

Les spécialistes ont fait remarquer depuis longtemps que ces images ont à l’évidence été inspirées par l’art de la peinture. Mahomet, ou quiconque est responsable de ces descriptions, pourrait avoir vu des miniatures ou des mosaïques chrétiennes représentant les jardins du paradis et interprété les silhouettes des anges de façon très littérale comme celle de jeunes hommes et de jeunes femmes. Un autre texte qui a pu influencer l’imagerie du Coran est l’Ïuvre d’Ephrem le Syrien (306-373 EC), Hymnes sur le paradis, écrit en syriaque, un dialecte araméen sémitique très proche de l’hébreu et de l’arabe, devenu la langue de la chrétienté orientale.

Cela nous mène naturellement au livre le plus fascinant jamais écrit sur la langue du Coran et, si sa thèse principale est juste, probablement le livre le plus important jamais écrit sur le Coran. Le livre de Christoph Luxenberg, Die Syro-Aramaische Lesart des Koran [Une lecture syrio-araméenne du Coran ; éd. Das Arabishe Buch, Berlin, 2000], disponible uniquement en allemand, a été publié il y a à peine plus d’un an, mais a déjà reçu un accueil enthousiaste, en particulier parmi les universitaires spécialistes des langues sémitiques de Princeton, Yale, Berlin, Postdam, Erlangen, Aix-en-Provence et de l’Institut oriental de Beyrouth.

Christoph Luxenberg essaye de montrer que de nombreux passages obscurs du Coran s’éclaircissent si on lit certains mots en syriaque et non en arabe. Nous n’entrerons pas ici dans les détails de la méthodologie qu’il emploie, mais il parvient, au grand dam de tous les hommes musulmans qui rêvaient d’atteindre le septième ciel dans l’au-delà islamique, à faire disparaître les houris aux grands yeux promises aux croyants. Selon la nouvelle analyse avancée par Christoph Luxenberg, qui s’appuie sur les Hymnes d’Ephrem le Syrien, il y a au paradis « des raisins blancs », « clairs comme le jour », plutôt que des vierges aux yeux de biche toujours consentantes, les houris. Pour Luxenberg, le contexte est clair : ce sont de la nourriture et des boissons qui sont offertes, et non des jeunes filles pures.

En syriaque, le mot « hour » est un adjectif féminin pluriel qui signifie blanc, dans lequel le mot « raisin » est implicite. De même, les éphèbes immortels ou les jeunes filles semblables à des perles décrites par des sourates, comme la 56, seraient nés d’une interprétation erronée d’une expression qui signifie en syriaque « des raisins frais » (ou « des boissons »), que les justes auront le plaisir de goûter, par opposition aux breuvages bouillants réservés aux infidèles et aux damnés.

Les travaux de Christoph Luxenberg n’ayant été publiés que récemment, il faut attendre le verdict de la communauté universitaire avant de juger. Mais, si son analyse est juste, les kamikazes, ou plutôt possibles martyrs, feraient bien d’oublier leur culture de mort, pour, à la place, tenter de goûter dans ce monde, 72 fois aux plaisirs de la chair. A moins, bien sûr, qu’ils ne préfèrent les raisins frais ou blancs, au choix, de l’au-delà.

Ibn Warraq***

 

* L’ère commune (EC) est une alternative à l’ère chrétienne comme méthode de datation historique. Ainsi, l’année 2000-2001 EC correspond à l’an 5761 du calendrier juif.

** Les titres et la citation sont tirés de l’article « 72 vierges aux yeux noirs » (in Controverse sur la récompense du martyr) écrit par Yotam Feldner, de l’Institut de recherche médiatique du Proche-Orient (MEMRI), qui lui-même cite le cheikh Abd al-Hadi Palazzi, directeur de l’Institut culturel de la communauté islamique italienne.

*** Ibn Warraq (pseudonyme) est l’auteur de l’essai Pourquoi je ne suis pas musulman ? (Traduction de l’anglais, préfacé par Talima Nasreen, éd. L’Age d’homme, Lausanne, 2001).

(The Guardian/ Courrier International) ajouté le 19-11-2003 dans Islam

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